Colloque
Physique et ses Applications
29 - 30 Avril 2003






Objectif
Réflexions
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    Objectif

        Ce colloque abordera les orientations de la Physique appliquée, en vue de sensibiliser les jeunes scientifiques aux différentes spécialités et débouchés de la physique. Il sera l’occasion de discussions et de réflexions pour l’élaboration d’un nouveau MASTER.


    Réflexions


    I. Pédagogie de la physique – Effectifs


    Les points soulevés sont :

    · La baisse du nombre des étudiants de physique dans tous les pays.
    · Les champs d’application importants pour la physique.
    · Les besoins des profs dans les écoles secondaires.

    Les réflexions :

    1. Si la physique est, semble-t-il, mal perçue par les élèves de l’enseignement secondaire (et les étudiants de première année), c’est sans doute, au moins en partie, parce qu’elle est plus difficile à enseigner que d’autres disciplines scientifiques. Cette difficulté tient à deux raisons principales :

      a. Aucune situation physique n’est réellement simple. Pour bien l’expliquer (et répondre correctement aux questions des élèves), l’enseignant doit avoir une compréhension large et synthétique de l’ensemble de la physique, il ne suffit pas qu’il ait un niveau juste supérieur à celui du diplôme dans lequel il enseigne.

      b. Dans les cours magistraux, et plus encore dans la résolution des exercices et problèmes, l’enseignant alterne souvent les développements mathématiques rigoureux et les raisonnements intuitifs et approximatifs (le trop fameux « sens physique »). L’élève ou l’étudiant est perturbé par cette double approche, ne se sentant pas capable de décider lui-même quand il peut se permettre une approximation grossière et quand il doit se montrer rigoureux.

    2. Malgré ces difficultés, on peut (on doit !) améliorer notablement notre enseignement, particulièrement envers les étudiants qui peuvent encore choisir entre la physique et d’autres orientations (ou entre des options faisant peu ou beaucoup appel à la physique au sein d’une autre discipline scientifique). Parmi les pistes à suivre :

      a. D’une manière générale, essayer de transmettre sa propre motivation et insister sur l’utilité de la physique dans tous les domaines.

      b. Dans les cours magistraux, se concentrer sur l’enseignement des concepts difficiles et accepter de renvoyer les étudiants à des livres ou des polycopiés pour les concepts qui posent moins de problèmes pédagogiques.

      c. Dans le choix des exercices, privilégier les exemples issus de la vie courante et d’autres disciplines que la physique proprement dite. D’une manière générale, choisir des exercices dont on peut penser que l’énoncé intéressera les étudiants (= leur donnera envie de résoudre l’exercice), ou dont l’utilité sera convaincante.

      d. Encourager le travail personnel contrôlé.

    3. Il faut aussi faire un gros effort de communication (de publicité en quelque sorte), en direction des lycéens et de leurs enseignants : opérations « portes ouvertes », forums, conférences, réunions avec les élèves etc...



    II. Système LMD


    1. Organisation d’ensemble

    On pourrait sans doute habiller l’existant sous le nouveau costume LMD sans rien changer réellement, mais ce serait se priver de nouvelles potentialités et risquer d’être rapidement dépassé par les événements (c.-à-d. l’évolution de l’offre de formation des autres universités) :

      a. La souplesse du système LMD et le décompte en crédits (ECTS) devraient favoriser le passage entre plusieurs cursus, ainsi que les formations bi- ou pluridisciplinaires.

      b. Même si les diplômes de DEUG et de maîtrise sont – en France – maintenus en l’état (provisoirement ?), et que notamment les titulaires d’une licence ont accès de droit à la 1ère année de master de la même discipline alors que l’entrée en 2ème année est sujette à sélection (comme les actuels DEA et DESS), il est probable que les mouvements d’étudiants se feront désormais (sinon tout de suite, du moins dans quelques années) plutôt en fin de licence qu’en fin de DEUG ou de maîtrise.

    2. Conséquences pour les programmes d’enseignement

      a. Il faudra que les fondamentaux de la physique soient acquis en licence.

      b. La première année du master pourra être plus spécialisée que ne l’était l’ancienne maîtrise, tout en gardant un minimum de tronc commun (p. ex. : tronc commun au 1er semestre et plusieurs options au 2ème).

      c. Le stage est très important au niveau de la 2ème année de master aussi bien pour le master recherche que pour le master professionnel. La question s’est posée de savoir s’il fallait maintenir un stage en 1ère année (ex–TER de maîtrise). Il semble qu’en France ce stage sera maintenu.

    3. Construction d’un master à l’USJ (maths–physique–chimie ?)


      a. Si les faibles effectifs d’étudiants rendent difficiles d’envisager un master de physique à part entière, la question se pose par contre de savoir si les employeurs potentiels seront intéressés par les titulaires d’un master pluridisciplinaire.

      b. Pour les étudiants libanais désirant faire une thèse en France (et qui aujourd’hui partent plutôt après la maîtrise), la question se pose de savoir s’ils pourront encore s’intégrer en 2ème année de master, ou s’ils devront partir en fin de licence ou en fin de master.

      c. Les options du master (surtout en 2ème année, mais déjà en 1ère, cf. 2b ci-dessus) permettront de le décliner en plusieurs masters professionnels. Il sera peut-être plus problématique de construire un master recherche (capacités d’encadrement du stage de 2ème année ? spécialisation suffisante pour entamer une thèse ? etc.).

      d. Deux spécialités possibles semblent bien engagées pour le master professionnel (tant au plan des capacités d’enseignement qu’à celui du potentiel d’embauche) : physicien des hôpitaux et physicien généraliste pour le domaine de l’environnement. Mais la question reste ouverte.

      e. Le critère essentiel pour construire un master professionnel est l’estimation des possibilités d’embauche, qui ne doivent pas être surestimées ni épuisées au bout d’un an ou deux. D’un autre côté, il faut bien penser que les masters professionnels, comme les actuels DESS, n’ont pas pour vocation d’être éternels : l’offre de formation doit s’adapter, au fil des années, à l’évolution de la demande des employeurs.

      f. Une condition cruciale de réussite d’un master professionnel (comme celle d’un DESS) est une bonne coordination avec les employeurs potentiels, qui doivent intervenir largement dans la réflexion sur les programmes, dans l’enseignement lui-même et dans l’encadrement des stages. En France les PAST (Professeurs Associés à Temps Partiel), qui effectuent un mi-temps d’enseignant-chercheur à l’université et un mi-temps de professionnel dans le secteur entrepreneurial, facilitent grandement cette coordination.


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