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Objectif
Ce colloque abordera les
orientations de la Physique appliquée, en vue
de sensibiliser les jeunes scientifiques aux différentes
spécialités et débouchés
de la physique. Il sera l’occasion de discussions
et de réflexions pour l’élaboration
d’un nouveau MASTER.
Réflexions
I. Pédagogie de la physique –
Effectifs
Les points soulevés sont :
· La baisse du nombre des étudiants de
physique dans tous les pays.
· Les champs d’application importants pour
la physique.
· Les besoins des profs dans les écoles
secondaires.
Les réflexions :
1. Si la physique est, semble-t-il, mal perçue
par les élèves de l’enseignement
secondaire (et les étudiants de première
année), c’est sans doute, au moins en partie,
parce qu’elle est plus difficile à enseigner
que d’autres disciplines scientifiques. Cette
difficulté tient à deux raisons principales
:
a. Aucune situation physique n’est
réellement simple. Pour bien l’expliquer
(et répondre correctement aux questions des
élèves), l’enseignant doit avoir
une compréhension large et synthétique
de l’ensemble de la physique, il ne suffit pas
qu’il ait un niveau juste supérieur à
celui du diplôme dans lequel il enseigne.
b. Dans les cours magistraux, et plus encore
dans la résolution des exercices et problèmes,
l’enseignant alterne souvent les développements
mathématiques rigoureux et les raisonnements
intuitifs et approximatifs (le trop fameux «
sens physique »). L’élève
ou l’étudiant est perturbé par
cette double approche, ne se sentant pas capable de
décider lui-même quand il peut se permettre
une approximation grossière et quand il doit
se montrer rigoureux.
2. Malgré ces difficultés, on peut (on
doit !) améliorer notablement notre enseignement,
particulièrement envers les étudiants
qui peuvent encore choisir entre la physique et d’autres
orientations (ou entre des options faisant peu ou beaucoup
appel à la physique au sein d’une autre
discipline scientifique). Parmi les pistes à
suivre :
a. D’une manière générale,
essayer de transmettre sa propre motivation et insister
sur l’utilité de la physique dans tous
les domaines.
b. Dans les cours magistraux, se concentrer
sur l’enseignement des concepts difficiles et
accepter de renvoyer les étudiants à
des livres ou des polycopiés pour les concepts
qui posent moins de problèmes pédagogiques.
c. Dans le choix des exercices, privilégier
les exemples issus de la vie courante et d’autres
disciplines que la physique proprement dite. D’une
manière générale, choisir des
exercices dont on peut penser que l’énoncé
intéressera les étudiants (= leur donnera
envie de résoudre l’exercice), ou dont
l’utilité sera convaincante.
d. Encourager le travail personnel contrôlé.
3. Il faut aussi faire un gros effort de communication
(de publicité en quelque sorte), en direction
des lycéens et de leurs enseignants : opérations
« portes ouvertes », forums, conférences,
réunions avec les élèves etc...
II. Système LMD
1. Organisation d’ensemble
On pourrait sans doute habiller l’existant sous
le nouveau costume LMD sans rien changer réellement,
mais ce serait se priver de nouvelles potentialités
et risquer d’être rapidement dépassé
par les événements (c.-à-d. l’évolution
de l’offre de formation des autres universités)
:
a. La souplesse du système LMD et
le décompte en crédits (ECTS) devraient
favoriser le passage entre plusieurs cursus, ainsi
que les formations bi- ou pluridisciplinaires.
b. Même si les diplômes de DEUG
et de maîtrise sont – en France –
maintenus en l’état (provisoirement ?),
et que notamment les titulaires d’une licence
ont accès de droit à la 1ère
année de master de la même discipline
alors que l’entrée en 2ème année
est sujette à sélection (comme les actuels
DEA et DESS), il est probable que les mouvements d’étudiants
se feront désormais (sinon tout de suite, du
moins dans quelques années) plutôt en
fin de licence qu’en fin de DEUG ou de maîtrise.
2. Conséquences pour les programmes d’enseignement
a. Il faudra que les fondamentaux de la physique
soient acquis en licence.
b. La première année du master
pourra être plus spécialisée que
ne l’était l’ancienne maîtrise,
tout en gardant un minimum de tronc commun (p. ex.
: tronc commun au 1er semestre et plusieurs options
au 2ème).
c. Le stage est très important au
niveau de la 2ème année de master aussi
bien pour le master recherche que pour le master professionnel.
La question s’est posée de savoir s’il
fallait maintenir un stage en 1ère année
(ex–TER de maîtrise). Il semble qu’en
France ce stage sera maintenu.
3. Construction d’un master à l’USJ
(maths–physique–chimie ?)
a. Si les faibles effectifs d’étudiants
rendent difficiles d’envisager un master de
physique à part entière, la question
se pose par contre de savoir si les employeurs potentiels
seront intéressés par les titulaires
d’un master pluridisciplinaire.
b. Pour les étudiants libanais désirant
faire une thèse en France (et qui aujourd’hui
partent plutôt après la maîtrise),
la question se pose de savoir s’ils pourront
encore s’intégrer en 2ème année
de master, ou s’ils devront partir en fin de
licence ou en fin de master.
c. Les options du master (surtout en 2ème
année, mais déjà en 1ère,
cf. 2b ci-dessus) permettront de le décliner
en plusieurs masters professionnels. Il sera peut-être
plus problématique de construire un master
recherche (capacités d’encadrement du
stage de 2ème année ? spécialisation
suffisante pour entamer une thèse ? etc.).
d. Deux spécialités possibles
semblent bien engagées pour le master professionnel
(tant au plan des capacités d’enseignement
qu’à celui du potentiel d’embauche)
: physicien des hôpitaux et physicien généraliste
pour le domaine de l’environnement. Mais la
question reste ouverte.
e. Le critère essentiel pour construire
un master professionnel est l’estimation des
possibilités d’embauche, qui ne doivent
pas être surestimées ni épuisées
au bout d’un an ou deux. D’un autre côté,
il faut bien penser que les masters professionnels,
comme les actuels DESS, n’ont pas pour vocation
d’être éternels : l’offre
de formation doit s’adapter, au fil des années,
à l’évolution de la demande des
employeurs.
f. Une condition cruciale de réussite
d’un master professionnel (comme celle d’un
DESS) est une bonne coordination avec les employeurs
potentiels, qui doivent intervenir largement dans
la réflexion sur les programmes, dans l’enseignement
lui-même et dans l’encadrement des stages.
En France les PAST (Professeurs Associés à
Temps Partiel), qui effectuent un mi-temps d’enseignant-chercheur
à l’université et un mi-temps
de professionnel dans le secteur entrepreneurial,
facilitent grandement cette coordination.
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